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Champs-Elysées : Gap enlisé
Ou le destin du droit au bail partagé par tous les commerçants
Le renouvellement d’un bail est un exercice ordinaire. Pas celui du Gap des Champs-Elysées. Plusieurs experts et hommes de loi estiment en effet que le traitement qui lui a été réservé pose des questions de... fonds (c’est le cas de le dire) sur l’esprit mais aussi sur la lettre de cette procédure ressortant de la valeur locative qui ne correspond pas à une remise du bien sur le marché. Dès lors : quid de la valeur locative, des charges venant en déduction de celle-ci ou du taux d’effort tout droit sorti de la capacité à produire du chiffre d’affaires... En fait, le statut de Gap – et, au-delà celui de tout commerçant locataire – se résume-t-il à abonder les caisses du bailleur ? Gap paiera ? Oui, mais combien, sur un marché qui, indépendamment de son caractère unique (celui de la plus belle avenue du monde), enregistre si peu de mouvements que chiffrer son prix relève de la gageure. Enfin, cette affaire est aussi pour les juges (peut-être surtout), l’occasion de dire tout haut ce que tout le monde disait tout bas, qu’il existe deux valeurs : la judiciaire et celle du marché. Le juge n’est pas là pour parler de l’offre et de la demande mais pour parler du droit. Qu’on se le dise. Dans cette étude incisive et documentée, Me Jehan-Denis Barbier analyse les grands paramètres du bail et indique des pistes pour les temps à venir – qui sont aussi ceux d’une modification des rapports entre propriétaires et locataires.
Par Me Jehan-Denis Barbier, docteur en droit, avocat à la cour
Cassation : le locataire doit payer ! Oui, mais,
combien ?
Les effets de la nullité d'une clause imposant l'adhésion à une
association de commerçants
D'un côté les droits de l'Homme qui garantissent la liberté
d'association, de l'autre la nullité qui ramène les parties dans l'état où elles
se trouvaient initialement. Dans un arrêt rendu en novembre, la Cour de
cassation revient sur sa position antérieure et dit que l'un n'empêche pas
l'autre ! On passe donc aux restitutions réciproques. Mais si l'addition des
sommes versées par le locataire est facile à calculer, la difficulté réside
dans le calcul des prestations fournies par l'association en termes de
publicité et de promotion du centre réalisées par l'association des
commerçants. La cour d'appel de Rennes où l'affaire de Pôle Sud, à Basse-Goulaine
(Leclerc Nantes ouest), a été renvoyée, doit élucider cette question... Reste,
qu'au delà des grands principes, on prend à l'évidence le chemin d'un paiement
sous une forme ou une autre de l'animation commerciale fournie par
l'association.
Par Charles-Edouard Brault, avocat à la cour, spécialiste en baux
commerciaux et professionnels
Mac-Infinitif : surenchère des fonds de commerce et responsabilité
de l'expert
Ne tirez pas sur le pianiste...
Des performances inédites, notamment sur les Champs-Elysées, mettent à
mal le rôle de l'expert immobilier. Contraint de se livrer à un exercice à
risques antagonistes, il porte dès lors de lourdes responsabilités de
clientèle, bien entendu, de marché, évidemment, voire de métier s'il devait
s'impliquer dans une vision prospective de l'activité projetée. Là s'arrête
cependant le rôle de l'expert dont l'œil fixé par définition dans le
rétroviseur ne peut - ne doit ? - pas regarder simultanément à travers le
pare-brise. Ne tirez donc pas sur le pianiste : dans ces circonstances, il ne
peut faire que son métier, dit en quelque sorte Françoise Maigné-Gaborit dont
le discours s'appuie sur l'exemple Mac-Infinitif des Champs-Elysées.
Par Françoise Maigné-Gaborit, expert
près la cour d'appel de Paris
Comme les Champs-Elysées et d'autres emplacements «prime» dans le
monde, Londres flambe aussi !
Bond Street : destination top pour boutiques de luxe
Les réserves financières des marques de luxe et les placements réalisés
par les grandes fortunes d'Europe font flamber Bond Street où Lvmh, Hermès,
Chanel et Max Mara, notamment, se sont installés au cours des deux dernières
années. Le mouvement, qui a placé le taux de rendement de l'immobilier de
commerce de la rue la plus huppée de la capitale du Royaume-Uni à moins de 3 %,
devrait se poursuivre, estime Anthony Selwyn, directeur commerce au bureau
Savills de Londres.
Par Anthony Selwyn, directeur commerce
centre Londres (Savills)
Petit oubli, fâcheuses conséquences
Ou bien : petites causes administrativo-législatives, grands
effets économico-financiers
D'une contradiction interne de la Loi de modernisation de l'économie
nait la question de savoir si, oui ou non, il faut évoquer les enseignes d'un
projet demandant son autorisation administrative. Etablir cette liste rendue
tout à fait facultative, c'est plaire aux autorités locales ; mais c'est aussi
prendre le risque que l'une ou l'autre quittant le navire avant d'arriver au
port, contraigne le promoteur à repasser par les méandres administratifs - avec
tous les risques de recours que cela comporte. Les auteurs de cette tribunes,
grands spécialistes de ces questions, prônent une solution toute simple : la
suppression de la phrase litigieuse, qui mettrait fin à des situations compliquant
et retardant inutilement la réalisation de projets autorisés.
Par Philippe Cattiaux et Jacques
Perrilliat, conseils
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